
« Il manque de confiance en lui. »
Cette phrase, beaucoup de parents l’ont déjà pensée. Parfois avec inquiétude, parfois avec culpabilité.
Pourtant, la confiance en soi n’est ni un trait de caractère, ni une compétence que l’on pourrait “booster” à volonté. Et vouloir la renforcer à tout prix peut parfois produire l’effet inverse.
La confiance en soi est aujourd’hui au cœur de nombreuses préoccupations éducatives. À l’école comme à la maison, on s’inquiète, on observe, on compare. Mais derrière ce terme très utilisé se cachent souvent des confusions, qui peuvent conduire à des attentes irréalistes envers les enfants.
Confiance en soi, estime de soi, sécurité intérieure : de quoi parle-t-on vraiment ?
On utilise souvent l’expression confiance en soi pour désigner des réalités très différentes.
- La confiance en soi concerne la capacité à se sentir capable dans une situation donnée.
- L’estime de soi renvoie à la valeur que l’on s’accorde en tant que personne.
- La sécurité intérieure correspond au sentiment de stabilité émotionnelle, au fait de se sentir en sécurité pour essayer, se tromper, apprendre.
Un enfant peut être à l’aise à l’oral et pourtant très insécurisé intérieurement.
À l’inverse, un enfant discret ou réservé peut avoir une estime de soi solide.
👉 Ne pas faire cette distinction, c’est risquer de mal interpréter certains comportements.
Confiance en soi : ce que l’on confond très souvent
Il existe plusieurs idées reçues autour de la confiance en soi, qui circulent largement.
❌ Parler facilement ne signifie pas forcément avoir confiance en soi
❌ Réussir sans difficulté ne garantit pas une confiance solide
❌ Être encouragé en permanence ne construit pas automatiquement la confiance
❌ “Prendre sur soi” n’aide pas un enfant insécurisé
Ces confusions sont fréquentes et compréhensibles. Elles reposent sur une vision très visible de la confiance, alors que celle-ci se construit souvent dans des processus beaucoup plus discrets.
Ce qui peut fragiliser la confiance… sans qu’on s’en rende compte
Les adultes agissent presque toujours avec de bonnes intentions. Pourtant, certaines pratiques peuvent, involontairement, fragiliser la confiance des enfants.
Par exemple :
- vouloir rassurer trop vite sans laisser l’enfant traverser la difficulté,
- comparer pour motiver (“regarde, ton camarade y arrive”),
- valoriser uniquement le résultat plutôt que le chemin,
- attendre des preuves visibles de confiance (oser, parler, réussir).
Ces attitudes ne sont pas “mauvaises”. Mais elles peuvent envoyer un message implicite : tu dois réussir pour avoir confiance.
Ce qui aide vraiment à construire une confiance durable
La confiance en soi ne se décrète pas. Elle se construit progressivement, dans un environnement cohérent et sécurisant.
Ce qui aide réellement :
- un cadre prévisible et stable,
- le droit à l’erreur, sans survalorisation ni dramatisation,
- des attentes ajustées aux capacités réelles de l’enfant,
- la reconnaissance des efforts, pas seulement des réussites,
- la possibilité d’avancer à son rythme.
La confiance se développe souvent quand la pression diminue, pas quand elle augmente.
Et à l’école ?
À l’école, certains enfants sont rapidement étiquetés comme “manquant de confiance”. Pourtant, les difficultés observées relèvent souvent :
- d’une surcharge cognitive,
- d’une peur de l’erreur,
- d’un manque de repères clairs,
- ou d’un contexte émotionnel fragile.
Travailler la confiance en soi à l’école ne signifie pas demander à l’enfant d’être plus à l’aise ou plus volontaire, mais adapter l’environnement pour qu’il puisse se sentir en sécurité pour apprendre.
Ce qu’il faut retenir
La confiance en soi n’est ni un objectif à atteindre, ni une qualité à exiger.
Elle se développe dans des relations sécurisantes, des cadres clairs et des attentes réalistes.
Souvent, elle apparaît quand on cesse de vouloir la provoquer.
👉 Un enfant n’a pas besoin qu’on lui demande d’avoir confiance en lui.
👉 Il a besoin qu’on lui permette de la construire.
La confiance en soi ne se fabrique pas. Elle apparaît quand l’enfant se sent suffisamment en sécurité pour ne plus avoir à la prouver.
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