Neuromythes : 7 idées reçues sur le cerveau

neuromythes

On parle beaucoup du cerveau. Sur les réseaux sociaux, dans les médias, à l’école, dans la parentalité. Et plus on en parle, plus certaines idées fausses s’installent durablement. Elles semblent logiques, rassurantes ou séduisantes… mais elles ne reposent pas sur des bases scientifiques solides.

Ces idées reçues portent un nom : les neuromythes.

Un neuromythe, c’est une croyance populaire sur le fonctionnement du cerveau, souvent issue d’une interprétation simplifiée ou déformée de données scientifiques réelles. Le problème, ce n’est pas seulement qu’elles soient fausses. C’est surtout qu’elles influencent nos attentes envers nous‑mêmes, nos enfants, ou les élèves.

Voici un tour d’horizon de neuromythes très répandus, expliqués simplement, sans jargon, pour y voir clair.


1. « On n’utilise que 10 % de notre cerveau »

C’est sans doute le neuromythe le plus célèbre. Il laisse croire qu’une immense partie de notre cerveau dormirait, prête à être activée grâce à la bonne méthode ou au bon programme.

En réalité, les neurosciences montrent que le cerveau est actif dans sa quasi‑totalité, y compris lorsque nous ne faisons rien de particulier. Les zones cérébrales ne s’activent pas toutes au même moment, mais elles ont toutes une fonction.

Cette idée persiste parce qu’elle est séduisante : elle promet un potentiel caché. Mais elle est fausse.


2. « Les femmes sont multitâches, les hommes moins »

Cette croyance est très ancrée socialement. Pourtant, elle ne repose sur aucun fondement neuroscientifique.

Le cerveau humain ne sait pas faire plusieurs tâches cognitives complexes en même temps. Ce que nous appelons multitâche est en réalité un passage très rapide d’une tâche à une autre, ce qui fatigue l’attention, augmente les erreurs et diminue l’efficacité.

Ce mythe est aujourd’hui renforcé par les smartphones et les notifications permanentes, mais biologiquement, notre cerveau n’a pas évolué pour fonctionner ainsi.


3. « Certaines personnes sont cerveau droit, d’autres cerveau gauche »

On associe souvent le cerveau droit à la créativité et le cerveau gauche à la logique. Cette vision est une simplification abusive.

Oui, certaines fonctions sont davantage latéralisées. Mais le cerveau fonctionne en réseaux, et la plupart des tâches mobilisent les deux hémisphères simultanément.

Il n’existe pas de profil “cerveau droit” ou “cerveau gauche” expliquant la personnalité ou les capacités d’apprentissage.


4. « Chaque enfant a un style d’apprentissage (visuel, auditif, kinesthésique) »

Cette idée est très populaire à l’école et dans la parentalité. Elle semble bienveillante, mais elle pose problème.

Les recherches montrent que l’adaptation de l’enseignement à un style d’apprentissage déclaré n’améliore pas les apprentissages. Ce qui compte vraiment, ce sont des stratégies efficaces : comprendre, faire des liens, se tester, espacer les révisions.

En revanche, varier les supports pour une même notion peut aider tous les élèves, non pas parce qu’ils ont un “style”, mais parce que cela enrichit l’encodage.


5. « Écouter de la musique rend plus intelligent » ou « certaines méthodes boostent le cerveau »

Musique classique, exercices miracles, programmes censés “muscler le cerveau”… Les promesses sont nombreuses.

La science est claire : il n’existe pas de méthode magique qui augmenterait l’intelligence ou améliorerait durablement les apprentissages sans travail cognitif réel.

Certaines activités peuvent favoriser le bien‑être ou l’engagement, mais elles ne transforment pas le cerveau comme on le lit parfois.


6. « Tout se joue avant 6 ans »

Cette idée inquiète beaucoup de parents. Elle est fausse.

Le cerveau est plus plastique dans la petite enfance, mais il reste plastique toute la vie. Apprendre, progresser, compenser est possible à tous les âges.

Dire que tout est joué très tôt est non seulement faux, mais aussi décourageant.


7. « On peut apprendre en dormant »

Le sommeil est essentiel pour consolider les apprentissages. Mais on n’apprend pas de nouvelles connaissances complexes pendant le sommeil.

Écouter des enregistrements la nuit ne remplace pas l’apprentissage actif. Le sommeil aide à stabiliser ce qui a été appris éveillé, pas à apprendre sans effort.


Pourquoi ces neuromythes persistent

Parce qu’ils sont simples, rassurants et facilement partageables. Ils donnent l’illusion de solutions rapides à des questions complexes.

Mais croire aux neuromythes peut conduire à des attentes irréalistes, à de la culpabilité inutile, ou à des pratiques inefficaces, à l’école comme à la maison.

Comprendre le fonctionnement du cerveau ne consiste pas à chercher des recettes miracles, mais à accepter des principes généraux… et des limites individuelles.


Ce qu’il faut retenir

Le cerveau n’est ni magique ni défaillant. Il apprend avec des stratégies efficaces, du temps, de la répétition intelligente et un cadre émotionnel sécurisant.

Déconstruire les neuromythes, c’est faire un pas vers une vision plus réaliste, plus humaine et plus inclusive de l’apprentissage.

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Retour en haut